LA LENTE ET DIFFICILE AVANCEE DU CYCLISME FEMININ

Disciplines sportives - Longue marche du cyclisme femin - La lente et difficile avancée du cyclisme féminin - Ce n'est pas seulement un sport d'homme - Grandes epreuves feminines 

Antisportif et antinaturel u, ainsi qualifiait-on en 1896 le cyclisme féminin. Heureusement, à mesure que les femmes firent la conquête de leur liberté, elles progressèrent également dans leur avancée comme cyclistes. En 1927 se créa la Fédération Française de Cyclisme Féminin, une entité qui n'était guère, cependant, qu'un symbole, et que mirent à bas les envies et les dissensions au bout de seulement deux années. A cette époque et jusqu'en 1934, le cyclisme féminin en France avait un nom: Éliane Robin, championne de France de fond à six occasions et huit fois championne de France de vitesse. Elle avait remporté ces titres sur la piste en terre du vélodrome de Tremblay, car, la plupart du temps, l'Union Vélocipédique Française interdisait aux femmes l'usage des vélodromes. En ce temps-là se distinguèrent d'autres cyclistes comme Armouet ou Francine Even et Louise Mottequin, lesquelles, tout en participant aux compétitions, se chargeaient de la direction de leurs clubs respectifs et enseignaient le cyclisme aux plus jeunes. On constatait également que le cyclisme féminin atteignait un bon niveau dans certains pays comme la Belgique et la Hollande, qui comptaient alors un bon nombre de pratiquantes; ce sport y était le fruit d'une tradition qui remontait à loin. C'est ainsi qu'en 1929 furent organisées 65 courses féminines sur route à Anvers et en Flandres. Bien plus, dès les années trente, il existait au moins trois vélodromes belgEs presque entièrement consacrés aux courses féminines, effectuées en amateur comme en professionnel, sous le patronage de différentes marques. On sait que les spectateurs accouraient par milliers à ces rencontres, comme celle qui eut lieu le 10 août 1930 sur la piste belge de Walheim, dans laquelle la Française Louise Mottequin battit la championne locale Moens. Plus tard, en 1934, alors qu'à l'âge de quarante-trois ans Alfonsina Strada - la seule femme a avoir couru un Giro avec les hommes - avait la licence du Montmartre Sportif, les Françaises Robin, Moire, Loiseau, Chabin, Charnay, Magnani, Harent et Leray étaient sélectionnées pour ce championnat dG Monde qui se tenait a Bruxelles le 16 septembre. Au bout des 40 tours d'un circuit de 2 500 mètres, ce fut la Belge Elvire De Bruyn qui l'emporta, devant De Bock et la Hollandaise De Bree, tandis que la vétérane Strada terminait la course en quinzième position,. Ce Championnat du Monde fut l'occascion de la parution dans le mensuel Le velo de l'un des rares articles de l'époque consacrés au cyclisme féminin. « Elvire De Bruyn, championne de Belgique, d'Europe et du monde en 1933, a gagné. C'est une athlète formidable, mieux formée que de nombreux hommes de poids. La rumeur prétend que, si elle n'est pas un homme, elle n'est pas non plus une femme, ce qui expliquerait beaucoup de choses [...] ». Plus tard, Elvire De Bruyn changea en effet de sexe et prit une épouse, ce qui, sans aucun doute, apportait de l'eau au moulin des détracteurs du cyclisme féminin. Celui-ci était d'ailleurs presque totalement absent des médias, à l'exception des journaux français Cyclo-Sport et, dans une moindre mesure, L'Echo des Sports, lequel, le 6 juin 1935, publia une annonce aux accents kafkaïens, qui reflétait bien la situation du cyclisme féminin à l'époque :« Le Comité cycliste féminin de Paris informe ses membres actifs que le cyclo-Club Féminin n'existe plus. Ainsi, les membres qui assisteront à ses départs seront pénalisés et même suspendus ». En 1935 revint à la compétition, après huit ans d'absence, Mme Léa Wasse, autrefois Mlle Armouet. Invincible, elle remporta le Grand Prix d'Ouverture, le Prix Gaudot, le Prix Unisport et le Prix Grand Air, annonçant ainsi clairement qu'elle serait l'une des grandes dominatrices du cyclisme féminin français jusqu'en 1939. En 1936, l'ancien cycliste Paul Duverneuil mit sur pied la Fédération Cycio-Féminine Française (FCFF) qui, à partir de 1937, se chargea de promouvoir le cyclisme non seulement en France, mais aussi chez les cyclistes d'Afrique du Nord. Cette même année vit une autre innovation importante, car le Championnat de France devait désormais se disputer à travers différentes épreuves. Il y eut d'abord le Grand Prix Octave Lapize, le 13 juin, sur 32 kilomètres contre la montre, que remporta Gilberte Modire - qui serait aussi proclamée championne de France le 4 juillet. Le 15 août se tint le premier Paris-Dieppe féminin, une course qui fut même annoncée par L'Auto, ce qui en soi constituait déjà un succès. Gilberte Modire décrocha à nouveau la victoire, avec une légère avancel ur Léo Wasse et Germaine Thomas, Dès 1938, la Ligue Féminine Cycliste Française, fondée par Simon Préfol, vint faire de la concurrence à la FCFF, laquelle affirma dans un communiqué du 7 avril qu'elle ét,aitla seule reconnue par le gouvernement. Les meilleures cyclistes se répartirent donc entre les deux entités. Léo Wasse resta à la FCFF, tandis que Gilberte Modire et Alfonsina Strada formèrent le fer de lance de la LFCF. Toutes deux réalisaient alors de véritables prouesses sportives, car Modire inscrivit le record de 35,970 km/h àLa Cipale, tandis que, le 16 avril 1938, à Bois d'Arcy, Alfonsina Strada réussit à parcourir 324 kilomètres en 23 heures et 58 minutes. Apparemment, la rivalité entre les deux sociétés se révélait très positive, car elle contribuait à élever le nombre de courses organisées. Elle permit aussi des tentatives, comme celle de battre le record de l'heure de Mlle Zuschmitt, qui, le 1 er octobre, au vlf!loqrome de I Croix-de-Berny, atteignit les 35,670 1 km/h,LIn èxploit reconnu par le Comité Cycliste Féminin lnternational (CCFI) auquel était affiliée la FCFF. En 1940, avec l'occupation du pays par les troupes allemandes, le cyclisme féminingisparut presque complètement du paysage français; La Seconde Guerre mondiale paralysa également le reste du cyclisme féminin en Europe, même si subsisfèrent des noyaux d'activité en Angleterre et, de manière surprenante, en URSS, malgré la dévastation qu'avait subie ce pays. Là, en 1944, Semionova (Dynamo) fut sacrée championne nationale de fond sur route èQ écrasant au sprint la tenante du titre Routkovskaia Du côté français, le 1er janvier 1941, L'Auto se faisait l'écho de l'opinion des dirigeants du cyclisme français, et signalait dans l'un de ses articles que : « Le cyclisme féminin doit être considéré, avant tout, du point de vue de la promenade et non sous celui de la compétition; c'est pourquoi son rattachement à la branche du tourisme semble s'imposer ». On y racontait par le menu les « sorties d'entraînement» organisées par la LFCF, ainsi que quelques-unes de ses courses. Parallèlement, comme il n'y eut entre 1942 et 1944 que très peu de courses féminines, plusieurs salles de variétés parisiennes organisèrent des épreuves sur home-trainer. La compétition leur étant interdite, les femmes cyclistes n'eurent d'autre choix que ,de se tourner vers le cyclotourisme et vers les épreuves réservées aux« cyclosportifs », essentiellement dans la catégorie des tandems mixtes. Après la Libération, les activités cyclistes féminines se centrèrent sur le cyclotourisme et les épreuves cyclosportives c me la Montée Cyclotouriste du Puy-de-Dôme ou le Critérium Cyclotechnique Duralumin dans les Vosges, en quatre étapes. Pendant ce temps, dans les autres pays, le cyclisme féminin sortait peu à peu de la période de guerre. Ainsi, en Angleterre, la vieille NCU prônait la création d'un Championnat du 'Monde féminin, tandis que de Russie arrivaient des nouvelles relatant les cinq victoires consécutives de Valentina Larionova dans les épreuves de cyclo-cross de son pays; Routskovskaia, pour sa part, s'était imposée dans le Championnat National de fond, disputé sur une distance de 50 kilomètres. Au mois d'octobre 1946, le cyclisme féminin fit un pas de géant quand la Française Élyane Bonneau battit le vieux record de l'heure d'Alfonsina Strada en atteignant les 50 kilomètres en 1 heure, 20 minutes et 17 secondes.




Contact | Recommander Velo Paris | Livre d'Or | Annuaire | Forum | Petites Annonces | Acces Rapide | F.A.Q. | Recrutement | Partenaires | Publicité

Signaler un lien mort

Velo Paris : Visite de Paris en velo - Copyright VéloParis 2006

Partenaires : Too-Velo